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Alain Damasio – La Horde du Contrevent


 la horde du contreventMon point de vue…

« la Horde du Contrevent » est un roman magnifique. Certes, il est classé SF par l’univers qu’il développe : on vit parmi le furvent, les chrones, les vifs et les Fréoles, peuple qui a domestiqué toutes les formes de vent. Cet univers, Damasio nous le construit avec une poésie exceptionnelle. On est promené à travers une lande sauvage et dangereuse en compagnie d’êtres remarquables. Ils arpentent une terre plate à la recherche de la source du vent, ce vent contre lequel ils luttent pour avancer. Leur univers, leur culture, la forme de leurs maisons, leurs chansons, leur langage tourne autour du vent. Dès leur enfance, ils ont été formés pour être les meilleurs, dans la souffrance, souvent dans la séparation avec leur famille.
Ces héros arguent le dépassement de soi-même pour aller dans un seul sens, la mission de leur vie : aller plus en avant , plus loin que les hordes précédentes et apporter la solution qui doit se trouver au « bord du monde » que nul n’a atteint et d’où personne n’est revenu.
Ces 23 personnages trouveront-ils là-bas le sens de leur existence ? Ils font tout pour cette quête, chacun ayant son rôle dans la horde dans laquelle les relations s’intensifient en fonction des avancés : c’est le voyage qui les fait et les défait. Chacun prend la parole avec ce qu’il est est ; Damagio a fait un pari fou de manier 23 personnages ! Pari gagné !

Alain Damasio (son site ici)

Certains passages ou explications (sur le vif par exemple) sont quelquefois complexes mais tellement beaux aussi. L’auteur ne s’attache pas particulièrement à l’aspect scientifique mais plutôt à l’ambiance de ce monde rationnel.
Damagio nous reconstruit donc cela dans un livre univers où rien ne manque : poésie, audace, lyrisme. Il joue avec les styles d’écriture, nous amuse d’exercices de style avec Caracole, nous abreuve d’un langage cru avec Golgoth. En résumé, une chirurgie littéraire impeccable !
Exigeant, presque prétentieux (dans le bon sens cependant), Damagio signe un livre unique pour ceux qui aiment la littérature, un livre qui nous mène dans un voyage surprenant et magique.

A essayer !
De plus, Damagio est français… soyons chauvin ! ;-) )

Présentation de l’éditeur

Un groupe d’élite, formé dès l’enfance à faire face, part des confins d’une terre féroce, saignée de rafales, pour aller chercher l’origine du vent. Ils sont vingt-trois, un bloc, un nœud de courage : la Horde. Ils sont pilier, ailier, traceur, aéromaître et géomaître, feuleuse et sourcière, troubadour et scribe. Ils traversent leur monde debout, à pied, en quête d’un Extrême-Amont qui fuit devant eux comme un horizon fou. Expérience de lecture unique, La Horde du Contrevent est un livre-univers qui fond d’un même feu l’aventure et la poésie des parcours, le combat nu et la quête d’un sens profond du vivant qui unirait le mouvement et le lien. Chaque mot résonne, claque, fuse : Alain Damasio joue de sa plume comme d’un pinceau, d’une caméra ou d’une arme… Chef-d’œuvre porté par un bouche-à-oreille rare, le roman a été logiquement récompensé par le Grand Prix de l’Imaginaire.

Biographie de l’auteur

Alain Damasio écrit peu, par exigence. Son premier roman, La Zone du Dehors, paru chez Cylibris, est réédité par La Volte.
la horde du contreventExtraits :
A la cinquième salve, l’onde de choc fractura le fémur d’enceinte et le vent sabla cru le village à travers les jointures béantes du granit. Sous mon casque, le son atroce du roc poncé perce, mes dents vibrent – je plie contre Pietro, des aiguilles de quartz crissent sur son masque de contre. (page 701 : Ha ! oui, j’oubliais… les pages sont numérotées en ordre décroissant)

Quitte à mourir le ventre troué par un morceau de bois, ils préféreront toujours que ce soit en plein vent, dans la plaine, qu’ici-bas, ensevelis dans un puits, les vertèbres rompues sous le poids d’une poutre. Il n’y a rien de rationnel à ces choses-là. La menace, dehors, sera extrême. Ici, elle reste apprivoisable, il suffirait de choisir le bon mur…… (p. 698)


Ma voix a fini par les calmer. Un peu. Dans les carnets de contre que j’ai pu lire, durant ma formation de scribe, le furvent a toujours  occupé une place à part. Il reste la figure active et imprévisible de la mort. (p. 679)


Des borborygmes fusent, des grognements de bêtes tordues qui ébrouent leur fourrure après un déluge. Quelques rafales lavent encore la cuvette, dispersant un peu de sable, quelques trombes rouges sifflent sur le rebord, plongent et s’effilochent, mais le gros des vortex est passé. S’annonce n répit, peut-être d’une demi-heure, bien que je redoute les chrones qui vont se former dans la turbulence du sillage. (p. 670)


) Elle ne m’énerve pas, mais que lui répondre ? Qu’il a fallu huit siècles et trente-trois hordes pour que, scribe après scribe et grâce (surtout) aux érudits abrités, l’espèce humaine commence à comprendre que le vent a une structure profonde ? Qu’il n’était pas un pur chaos mouvant, un brouhaha sifflé au hasard, un non-sens ? Qu’il existait une aérorythmique, extrêmement complexe, peut-être infinie, qui s’articulait autour de neuf formes [...] (p. 636)


) Caracole saisit son bâton de vent et le fit touerner, tel une hélice, au-dessus de sa tête. Le bois se mit à siffler dangereusement. En deux phrases, il fut dedans :

- Au commencement fut la vitesse – une nappe de foudre fine sans couleur ni matière – qui se dilatatit par le ventre – fuyant de toute part dans un espace étalé à mesure – et qui s’appelait… le  purvent  ! Le  purvent n’avait strictement aucune forme : il n’était que vitesse – vitesse de fuite, ne permettant à rien d’être ni de tenir. A force de s’étirer pourtant, cette flaque de foudre finit par se déchirer, ouvrant l’ère du vide et du plein, et celle des vents disjoints,… (p. 625)

 Il l’a jeté dans le vent, sans regarder personne, comme s’il se parlait à lui-même. La horde s’est rassemblée mécaniquement. La charpente d’ordinaire si droite et noble de Pietro s’est rapprochée, je l’ai regardé, il m’a regardé. La poutre de ses épaules fléchissait : « Nous ne sommes plus rien désormais, Sov. Qu’une caste déchue, ridicule et dépassée. Notre temps est révolu. » Voilà ce qu’elle disait. Puis il est entré dans le Fer. Et nous avons commencé à avaler vers le navire fréole. (p. 615)

Les applaudissements qui suivent ne sonnent pas sur le même timbre, un peu négligé, des précédents. Il y a d’abord une forme de solennité, qui tarit le tohu-bohu, et une tenue des poignets et des mains qui signale le respect. L’intense respect. Oroshi a descendu les marches avec ce port indéfectiblement altier qui la caractérise, et ce regard que je me souviens pas d’avoir surpris éteint, en trente ans de vie partagée. cette fille cherche, elle cherchera inlassablement, jusqu’à la faux, le sens de tout cela. (p. 603)


la horde du contrevent Lâchez vos putains de mains l’une contre l’autre, cognez dedans, ouais, plus fort que vous l’avez jamais fait ! Vous savez pas qui je suis, personne sait ! Gueulez ouais, gueulez jusqu’à plus gorge ! Nous, on n’a pas de machines, on pue la merde, on a que nos boyaux et nos os à racler, vous ne savez rien, mais rien, RIEN ! (p. 595)


 Après les tournois, nous reprîmes la conversation. C’était encore plus difficile. Je faseyais comme une voile mal remplie, j’avais besoin d’elle, sa présence me brassait le sang dans les veines. Elle avait des yeux d’un bleu d’orage, d’un bleu si dense que j’imaginais, pleurant, faire des trous de ciel dans son mouchoir. Mais sa bouche, plus encore, me décramponnait, une bouche de vin hors d’âge, hors de portée, à boire fou, et debout. Cette bouche, j’avais envie d’y approcher ma main, d’en carresser du pouce la courbe humide et le velours, de la voir frémir, trembler d’attente et de soif, envie d’elle, l’ouvrir au souffle, lentement l’écarter, qu’elle s’ourle, haletée, pour cueillir le fruit rapide de sa langue que je voyais rosir sous la syllabe et sucer le caillou des sons. (p. 582)

 Tu possèdes à chaque instant la totalité de ton passé, il s’accumule et se recompacte en permanence. Sinon tu serais déjà fou. Ta vision de la mémoire est contaminée par le sens commun, troubadour. La mémoire n’est pas une faculté qui pourrait ou non s’exercer. Nous retenons tous absolument tout. Ce qui fait la différence, c’est la capacité d’oubli… (p 546)

 Devenir traceur est ce qu’il ya de plus difficile au monde. L’éducation d’un Traceur commence à six ans, parfois avant. Une centaine d’enfants sont choisis pour suivre un programme très dur pendant cinq ans. Chaque année, vingt enfants sont éliminés. Et la cinquième année a lieu l’épreuve dite de la Strace, pour départager les trois premiers. (p. 510)

 Caracole laissa le silence se suspendre quelques secondes à l’aplomb des mâts. En tant que conteur, il avait du contrepoint une science unique. Un conte de Caracole, ce n’était pas une voix plus un récit, c’était un cosmos local, enfanté sur un feu. Il y avait certes une ligne, celle de l’histoire, qui partait d’un début pour aller vers une fin. Mais les contrepoints, qu’entre chaque laisse il faisait jaillir, brisaient à ce point cette ligne, lui imposaient une cadence si particulière, comme un galop tronqué, la doublaient de tant de claps, de tapes, mates, de bruits et de cris, de gestes, de tours et de tambours, l’habitaient de tant de dessins esquissée dans la cendre, d’architecture de petites pierres, d’objets animés, amenés puis masqués, y ajoutaient une telle variété d’interprètes pris à la volée dans le public, de choristes complices, de musiciens alliés que le conte initial – cette pure voix chantante dont se contentaient tant de troubadours, même parmi les plus illustres – Caracole en éclatait princièrement le cristal, pour un résultat inouï. (p. 474)

 J’avais longtemps cru que je tenais à eux mais, comment dire ? aujourd’hui ce n’était plus vraiment ça : c’était plutôt qu’ils tenaient en moi. Ils me peuplaient, ils habitaient mon bivouac d’os et de nerfs. A chaque pas qu’ils faisaient, à chaque mot échangé, chaque petit geste discret, ils élargissaient ma flaque intérieure d’autant, ils en prolongeaient la surface tissée. Le simple fait de les imaginer pouvoir mourir avait redonné à leur présence une lueur. (p. 382)

 - Si, ça a un sens. Chaque pas que tu fais a un sens. Te lever à un sens, te coucher a un sens. Faire du feu a un sens. La pluie a un sens. Tout. Et rester vivant plus que tout. (p. 369)

L’arbitre s’adresse au public :

- Un palindrome est uen phrase qui, si l’on ne tient compte ni des espaces, ni des apostrophes, ni des signes de ponctuation, peut-être lu indifféremment de droite à gauche ou  de gauche à droite, en gardant la même signification ! Par exemple « un rotor nu » est un palindrome puisque, que vous le lisiez dans  un sens ou dans l’autre, il présente les mêmes lettres dans le même ordre.  Cette épreuve se déroule sous forme de dialogue, chaque adversaire s’exprimant tour à tour. Notre juge de signe validera la rectitude des palindromes. [...]
Sélème : « Engage le jeu que je le gagne ! »
) Pfff ! Le juge de signe, presque immédiatement, a levé son drapeau bleu pour valider le palindrome. J’entends derrière moi, au premier rang, une comtesse lettrée stipuler qu’il s’agit d’un départ classique, d’une ouverture presque banale, comme on peut en recenser aux échecs, mais je reste sous le choc de l’équilibre et de l’à-propos de la phrase, j’en remonte les lettres une par une à l’envers : e, n, g, a, g, puis e, l, puis, e, j, puis e, u, q… puis j’arrête, convaincu. C’est à Caracole de répondre. Ça démarre fort. Je ne sais pas ce qu’il va faire.
Caracole  : « L’âme sûre ruse mal ! »
Des bravos enthousiastes saluent illico sa riposte, ils viennent surtout du haut des travées où sont agglutinés les racleurs invités et les jeunes Tourangeaux fort en gueule qui semblent déjà avoir choisi leur camp ! Tant mieux ! Mais le styliste réplique sans attendre.
Sélème : « L’âme sœur, elle rue, ose mal… » (p. 326-325)

 Alors ils filtrent, et ils tamisent, et ils raclent le lit du fleuve jusqu’à l’atteindre, ils comprennent que personne, nulle part, ne peut juger de leur effort, qu’aucun acheteur ne reconnaît la valeur de ce qu’ils font. Qu’il n’y a pas de juge suprême des mérites, juste des marchands qui paient une matière première et qui la revendent quatre-vingt mètres plus haut le double de ce qu’ils l’ont payée. Ici, on les appelle les « monteurs d’escaliers ». Alors le racleur prend la rage. Sauf que la rage, quand elle ne peut pas exploser, ou transformer ce qui la cause, finit, finit toujours par imploser ! Elle se retourne enrancoeur, elle s’intojecte en haine de soi et des autres, en cynisme triste, elle se distille en mesquineries fielleuses, elle se déverse par saccade sur les plus proches : la femme, les amis, les gosses… (p. 286)

Le vieillard a éclairé plusieurs lanternes dans la pièce et il nous a proposé deux fauteuils. Oroshi a les larmes au bord des yeux, je n’en mène pas large, le charisme que dégage ce vieillard au visage vrillé est si poignant qu’il impose d’emblée l’écoute :
- Lorsque j’ai décidé de faire retraite ici, la tour faisait une cinquantaine de mètres de haut. Elle a gagné des étages, d’année en année, pour accueillir de nouveaux livres. Elle est trop élevé maintenant et bien moins dense qu’auparavant : trop de livres déjà écrits, trop de carnets de voyage d’Obliques que j’archive par amitié ; trop de traité scientifiques dénués de profondeur, sans la moindre sensibilité sur les chrones, trop de savoirs déjà su et sué… (p. 270)


 En le regardant, je me demandai pour la première fois si j’étais prête à aller aussi loin que je me l’étais juré enfant. Étais-je prête à ça pour accéder à la clarté du vif ? Une solitude épaisse s’écoulait hors de lui. Elle imprégnait la tour d’Ær, elle en calfeutrait les parois, bien que ce fut une solitude vaste et créatrice. C’était la solitude rare de ces esprits que leur puissance d’enfantement préserve du tarissement et qui n’avaient besoin d’aucun autre cosmos que celui qu’il déployait à partir de leur pur cerveau, à force de recherche et d’invention et dont il repoussait jour après jour, par cette expansion têtue, la clôture toujours possible. (p. 270)

 ) De mon passé de rafale, je n’ai jamais cherché à dégravoyer le lit. Mes souvenirs sont faits d’épaisseurs, de vents et de poussières. Je coule, j’avance à pas élastiques, délardé comme une pierre, étréci jusqu’au dense, jusqu’à l’axe.
Avant même de naître, je crois que nous marchions. Nous étions déjà debout, la horde entière étalée en arc, déjà fermes sur fémurs et nous avancions avec nos carcasses raclées et nos côtes nues, les rotules rouillées de sable, à griffer le roc avec nos tarses. Nous avons marché longtemps ainsi, tous ensemble, à chercher la première de nos prairies. Nous n’avons jamais eu de parents : c’est le vent qui nous a fait. (p. 251)

La main de Golgoth s’est refermée sur celle de son père. Il serre. Il visse l’étau. Son père surpris, tente de se retirer. C’est déjà trop trad. Il ya un bruit d’os. Un son net de fracture. Puis un autre. Crac. Un autre. Le silence. Un autre. Sec. Mat. Atroce. Phalange après phalange. Tarse après tarse.
- Fjarska ! Fjarska ! Kjörskra !
) Quand les cris occultes, hachés à l’extrême, suraigus, sortirent de son gosier, j’eus un tressaillement de terreur. Golgoth n’avait plus de voix, plus de glotte. Il craillait. (p. 204)


Bloqués, nous sommes bloqués devant cette fameuse porte de Brakauer, après une ascension du pilier, pourtant bien menée, qui a exigé deux jours de pure escalade. Parvenus en haut, nous avions pensé sortir du cirque dans la foulée… J’en ris désormais.
Sur la rive opposée, deux éperons sont cloués dans la glace vive, face à nous, comme pour mieux matérialiser le seuil. Entre notre bivouac, aménagé sur une plate-forme rocheuse au sommet du pilier de Brakauer et la Porte qui marque donc la sortie du cirque, s’étendant à peine cent cinquante mètres ! Hormis que ce sont les cent cinquante mètres les plus vertigineux du monde, à part que ce nos parents nous avaient annoncé comme « un pont de roche » est en fait une rampe poisseuse de glace, de surcroît incurvée en son centre, lisse comme une table de verre et large de 2 corps. Ce « pont » est donc posé à même le vide, à plus de mille neuf cent mètres certifiés –Talweg à la verticale du glacier […] (p. 158)


Et que l’éruption a duré sept heures…
- Sept heures !
- Sept heures –sept heures en continu. Le groupe 1 se trouvait à une vingtaine de mètres de leur dernière broche quand la vague les a atteints. Ils ont juste eu le temps de fermer leur casque et de se préparer au choc. Sous l’impact, la vague les a décollées du sol et ils ont été projetés en l’air. Seulement, la broche a tenu. Et ils étaient encâblés…
- Tous les trois ?
- Tous les trois. Ni le piton ni le câble n’ont lâché. Le vent remontait la pente avec une telle puissance qu’il les a amenés à la verticale, à vingt mètres au dessus de la crête, accrochés en grappe, un peu comme si Larco avait fixé trois cages en trois points de sa corde, vous voyez ? (p. 137)


Oroshi se lève sans nous regarder. Elle touche l’épaule de Sov et l’embrasse dans le cou. Elle fait quelques pas dans la neige en direction du volcan. Il est à nouveau d’un calme insolent et malsain. Golgoth se tait. Je crois que s’il ouvre la bouche, Sov le tue. Nous n’avons strictement plus rien à manger. La dernière flasque d’huile a été bue ce matin. Une goulée chacun. Même plus de farine à avaler sèche. J’ai jeté le sac ce matin. Les réserves sont à zéro. Nous sommes au bout de la quête. Notre horde est tombée à neuf. (p. 118)

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